Soitec : l'essor de la photonique propulse le chiffre d'affaires
113 millions d’euros au premier trimestre 2026-2027. C’est le chiffre d’affaires qu’affiche Soitec, en hausse de 23 % sur un an, nettement au-dessus de la cible de 15 % initialement visée.

Le moteur: le segment Photonics-SOI, dont les ventes ont doublé, alimenté par la demande en émetteurs-récepteurs optiques à très haut débit pour les centres de données d’IA. Cette accélération, une semaine avant la date prévue de publication, signale une visibilité renforcée sur cette activité clé.
Photonics-SOI: le wafer qui gère le flux de données par la lumière
Soitec ne fabrique pas de puces. L’entreprise produit des wafers d’ingénierie – des disques de silicium de 200 ou 300 mm – sur lesquels les fondeurs gravent ensuite les circuits. Sa technologie propriétaire, le Smart Cut, permet de transférer une couche ultra-fine de matériau sur un substrat isolant. C’est la base du SOI (Silicon-On-Insulator). La variante dédiée à la photonique intègre des guides d’onde pour router les signaux optiques directement dans le silicium, avec un rendement énergétique et une densité de trafic supérieurs aux interconnexions cuivre traditionnelles. Le doublement des ventes du segment confirme l’adoption à grande échelle de ces substrats dans les chaînes d’approvisionnement des principaux équipementiers de réseaux.
Positionnement dans la chaîne de valeur de l’IA
L’IA générative exige des bande passantes colossales entre GPU, mémoire et interfaces réseau. La photonique sur silicium répond à ce besoin en réduisant la latence et la dissipation thermique des connexions à très haut débit. Soitec, avec près de 90 % de parts de marché sur le SOI, se trouve au cœur de cette transition matérielle. Sa croissance de 23 % – après trois ans de marasme dans le secteur des semi-conducteurs – matérialise le redémarrage tiré par l’infrastructure d’IA. La fabrication à Bernin (France) et à Singapour (Pasir Ris) confère une capacité de production maîtrisée et une résilience géographique.
Verdict: surveiller les marges et le rythme de commande
Performance brute: croissance supérieure aux attentes, tirée par un produit stratégique à forte valeur ajoutée. Le risque technique se situe dans la dépendance à la demande des hyperscalers et à l’évolution rapide des standards optiques (co-packaged optics, etc.). La publication anticipée des résultats suggère une bonne tenue des carnets de commandes. À court terme, le signal est positif pour toute la filière photonique française. À surveiller: le maintien de ce rythme de croissance au T2 et l’impact sur les marges opérationnelles du groupe.