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Photonique et IA : pourquoi ce secteur technologique surpasse le marché boursier

Selon CNBC, le segment de la photonique et de l’optique lié à l’intelligence artificielle surperforme nettement le reste du marché.

Photonique et IA : pourquoi ce secteur technologique surpasse le marché boursier

Le signal est cohérent avec les projections relayées par Tom’s Hardware: le marché mondial des interconnexions optiques pour centres de données pourrait passer de 13,7 milliards de dollars en 2024 à 144,4 milliards en 2030, soit un taux de croissance annuel composé de 48,1 %. Pour les acteurs des dispositifs photoniques, l’enjeu n’est pas de suivre un effet de mode, mais de distinguer une demande industrielle mesurable d’une projection financière encore exposée au risque d’exécution.

Le cuivre atteint sa limite avant la photonique

Le différentiel technique est direct. Les centres de données utilisent encore largement des pistes et câbles en cuivre pour les liaisons sur carte, dans les racks et entre les clusters. Le cuivre reste peu coûteux, fiable et simple à intégrer. Mais sa consommation électrique et ses pertes de signal augmentent fortement avec le débit et la distance.

Selon les éléments rapportés par Tom’s Hardware, au-delà de quelques centaines de gigabits par voie, la portée exploitable du cuivre peut tomber à environ un ou deux mètres avant que la perte de signal et la dissipation énergétique ne deviennent difficiles à maîtriser. La photonique remplace alors le transport du signal électrique par un transport optique: un émetteur-récepteur convertit le signal électrique en lumière laser, l’envoie dans une fibre, puis le reconvertit à l’arrivée.

Le flux de travail actuel repose encore largement sur des modules enfichables. Ils regroupent une puce laser, des processeurs de traitement numérique du signal et plusieurs composants optiques dans un format compact. La progression des accélérateurs graphiques et l’augmentation des charges d’IA poussent simultanément les débits de 400G vers 800G, puis 1,6T et au-delà.

La comparaison A contre B est donc nette: le cuivre conserve un avantage d’intégration et de coût, tandis que l’optique répond mieux à l’augmentation du débit et de la distance. Le choix dépend moins de la promesse marketing que de la longueur électrique, de la puissance disponible et du débit par voie.

Le co-packaged optics réduit le trajet critique à quelques millimètres

L’évolution la plus importante concerne le rapprochement entre l’optique et le calcul. Dans une architecture classique, les signaux issus des GPU parcourent plusieurs pouces de pistes en cuivre avant d’atteindre l’émetteur-récepteur situé sur la face avant du système. À très haut débit, ce trajet consomme une quantité importante d’énergie.

Le co-packaged optics modifie cette architecture en plaçant le moteur optique, sous la forme d’un circuit photonique intégré, directement sur le boîtier du commutateur ou de l’accélérateur. Le trajet électrique est ainsi réduit à quelques millimètres. Cette réduction concerne le point le plus pénalisant du flux de données: la liaison électrique entre le calcul et la conversion optique.

Tom’s Hardware rapporte que la photonique sur silicium pourrait représenter 63,7 % des revenus du marché des interconnexions optiques pour centres de données en 2030, contre 16,6 % en 2020. La projection associe cette progression à des architectures plus denses et plus sobres, notamment le co-packaged optics. Elle provient d’un rapport de China Insights Consultancy commandé par Yuanjie Semiconductors dans le cadre de son introduction en Bourse à Hong Kong. Le rapport s’appuie sur des données de LightCounting et sur des entretiens avec des experts du secteur.

Cette origine impose une réserve de méthode. Le chiffre de 144,4 milliards de dollars est une projection, pas une mesure de marché réalisée. Il est associé à un document commandé par un fabricant de puces laser. Pour évaluer une solution photonique, il faut donc séparer trois niveaux: la croissance théorique du marché, la disponibilité des composants et la capacité à industrialiser des modules fiables.

Ce que les acheteurs doivent vérifier

L’activité est déjà structurée autour d’investissements importants. Selon Tom’s Hardware, l’industrie de l’IA a engagé plus de 15 milliards de dollars au cours de la dernière année dans le co-packaged optics, les puces photoniques, les modules émetteurs-récepteurs à plus haut débit et la fibre. Des techniques d’intégration sont développées, des start-up photoniques sont acquises et des alliances industrielles se forment.

Le passage de la conception à la production reste toutefois le point de contrôle principal. OpenLight et Tower Semiconductor ont intégré le kit de conception photonique d’OpenLight au logiciel de conception de puces de Cadence. Cette intégration doit faciliter la conception et la mise sur le marché de puces laser intégrées de 400G et 1,6T. Elle améliore le flux de conception; elle ne constitue pas, à elle seule, une preuve de rendement industriel, de fiabilité ou de coût final.

Pour une décision d’achat ou de partenariat dans la photonique médicale, les critères pertinents sont donc concrets: compatibilité avec la chaîne de conception, niveau de débit visé, longueur du trajet électrique, dissipation thermique et maturité du conditionnement. Les annonces de marché doivent rester séparées des performances démontrées sur banc.

Verdict: signal industriel favorable, décision d’investissement immédiate non justifiée sur la seule base des projections. La photonique sur silicium et le co-packaged optics disposent d’un avantage technique clair lorsque le cuivre ne tient plus le débit; la validation doit encore se faire composant par composant, sur l’intégration et la stabilité du flux de production.