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Dispositifs médicaux : comment les nouvelles règles européennes encadrent les délais

L'analyse publiée par le cabinet Mason Hayes & Curran dans sa Digital Health Mid-year Review 2026, relayée par la Law Society Gazette Ireland, promet monts et merveilles: un règlement d'exécution de…

Dispositifs médicaux : comment les nouvelles règles européennes encadrent les délais

L'analyse publiée par le cabinet Mason Hayes & Curran dans sa Digital Health Mid-year Review 2026, relayée par la Law Society Gazette Ireland, promet monts et merveilles: un règlement d'exécution de la Commission européenne, publié en mai 2026 et attendu pour février 2027, plafonne les délais d'évaluation de conformité et impose aux organismes notifiés des devis transparents et ventilés. Derrière l'annonce de simplification, les fabricants de dispositifs médicaux — photonique, laser, IA embarquée inclus — doivent surtout vérifier que leur dossier tient debout face à un empilement de calendriers réglementaires. La réalité est que ce nouveau texte ne fait qu'ajouter une couche de prévisibilité à un millefeuille déjà épais.

Le mécanisme: ce qui change vraiment

Pour la première fois, chaque étape de l'évaluation de conformité — audit du système qualité, examen du dossier technique, essais — est encadrée par un délai maximal. Les organismes notifiés doivent désormais remettre des estimations de coûts détaillées, ligne par ligne. Michaela Herron, associée et responsable life sciences chez MHC, résume l'enjeu: moins de surprises sur les délais et les coûts pour les lancements européens. Sur le papier, la mesure est de bon sens. En pratique, elle ne dispense pas de l'obligation d'avoir un système documentaire blindé avant d'entrer dans la boucle: l'évaluation de la conformité reste un audit, pas une course contre la montre.

L'AI Act en embuscade: ne vous y trompez pas

L'AI Act est largement applicable depuis le 2 août 2026, mais les obligations spécifiques aux systèmes à haut risque arrivent en deux temps distincts: 2 décembre 2027 pour l'Annexe III, 2 août 2028 pour l'Annexe I, sous réserve d'une évaluation de la conformité par un tiers — calendrier reporté par le règlement (UE) 2026/1744. Pour un dispositif médical intégrant de l'IA, la date de 2028 n'est pertinente que si une telle évaluation par un tiers est effectivement requise, ce qui n'est pas systématique. À côté de cela, l'article 4 sur l'AI literacy est en vigueur depuis février 2025 et a été reformulé en juillet 2026; l'article 50 sur la transparence des interactions s'applique depuis le 2 août 2026, avec une période transitoire courant jusqu'au 2 décembre 2026 pour les obligations de marquage des contenus synthétiques (article 50(2)) sur les systèmes déjà sur le marché. Croire que le report des obligations à haut risque ouvre une fenêtre de tir est une erreur de débutant: la classification réglementaire, elle, n'a pas bougé.

Ce qu'il faut faire tenir à jour

Le règlement d'exécution ne supprime ni la classification MDR/IVDR ni la matériovigilance. Jamie Gallagher, associé produit et responsabilité chez MHC, le martèle: les pratiques doivent refléter les règles à jour sur l'ensemble du cycle de vie — classification, certification, promotion, responsabilité. Concrètement, trois gestes simples: documenter la chaîne de décisions avec l'organisme notifié, vérifier que les clauses contractuelles intègrent les nouveaux délais et les devis ventilés, et cartographier en parallèle l'exposition à l'AI Act pour les dispositifs embarquant de l'intelligence artificielle. La simplification promise ne vaudra que pour les dossiers déjà solides.