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Inleap Photonics lève 20 millions d'euros pour industrialiser ses systèmes laser anti-drones

Comme le rapporte Tech.eu, la scale-up photonique allemande Inleap Photonics boucle un tour seed d'environ 20 millions d'euros piloté par UVC Partners, avec HTGF, Balnord, Sentris et Scale Capital…

Inleap Photonics lève 20 millions d'euros pour industrialiser ses systèmes laser anti-drones

Comme le rapporte Tech.eu, la scale-up photonique allemande Inleap Photonics boucle un tour seed d'environ 20 millions d'euros piloté par UVC Partners, avec HTGF, Balnord, Sentris et Scale Capital, pour industrialiser deux lignes de neutralisation laser de drones. Spin-off du Laser Zentrum Hannover, l'entreprise cible les classes UAS I et II de l'OTAN dans un contexte opérationnel tendu: plusieurs drones détectés début août à l'aéroport de Leipzig/Halle, dont un appareil équipé d'explosifs et d'un détonateur à proximité d'un avion-cargo ukrainien.

Du banc d'essai à la série: ce qui change

Fastlight Shield constitue la brique photonique de base: un système de pointage laser de haute précision conçu pour neutraliser un drone en quelques fractions de seconde en visant des points faibles identifiés. La société revendique un fonctionnement « eye-safe », paramètre critique pour des déploiements en zone urbaine ou sur sites SEVESO. Fastlight HELD (High Energy Laser Drone) agrège l'effecteur laser, un véhicule terrestre sans pilote tout-terrain et une plateforme logicielle C-UAS.

L'allocation des fonds cible quatre axes: industrialisation et standardisation des essais, développement de la brique photonique, montée en puissance commerciale en Allemagne et en Europe, qualité et certification. Le CTO Felix Wellmann pose la contrainte en termes de production sérielle: chaque unité doit être fabriquée, testée et qualifiée dans des conditions identiques. Sans ligne d'essais reproductible, la promesse « eye-safe » reste invérifiable à l'achat.

Lecture conformité: ce qu'il faut déjà vérifier

Les clients cités incluent le ministère fédéral de la Défense (BMVg) et le Cyber Innovation Hub de la Bundeswehr. Une démonstration publique du système UGV a eu lieu à la base aérienne d'Erding lors du salon du Bundeswehr Innovation Center, en présence notamment du Lieutenant General Christian Freuding, chef de l'armée de Terre, et du Rear Admiral Christian Bock, chef du centre d'innovation drones de la Bundeswehr. La Bundeswehr cherche des ensembles hautement mobiles et déployables, testables au troisième trimestre 2026 en scénario national et collectif, livraison visée à partir de 2027.

Partenariats industriels signalés: Hentschel System pour la plateforme roulante, Stark (Munich) pour la couche logicielle C-UAS — fournisseur déjà installé auprès de la Bundeswehr. Côté capital, UVC Partners gère environ 800 millions d'euros et a soutenu Isar Aerospace, Proxima Fusion, Q.ANT et Aleph Alpha. Aucun contrat ferme Bundeswehr n'est annoncé à ce jour.

Ce qu'il reste à mesurer avant qualification

Trois paramètres, absents de la communication actuelle, détermineront la viabilité opérationnelle: la tolérance d'erreur du système de pointage et la divergence du faisceau sur cible en mouvement; la densité d'énergie seuil au point d'impact selon matériau d'enveloppe (CFRP, ABS, aluminium); la procédure de recette lot par lot et la traçabilité métrologique des chaînes laser. Sans métriques publiques sur ces trois axes, le passage à la commande en série reste conditionnel.

Verdict: capital suffisant pour industrialiser, dossier technique à exiger avant toute commande. À surveiller — publication des tolérances de pointage, qualification OTAN classes UAS I et II, premier bon de commande institutionnel ferme.