i-Lab ou i-Nov : quel concours Bpifrance pour sa medtech ?
Le mauvais choix entre i-Lab et i-Nov ne se corrige pas avec une meilleure rédaction du dossier. Il se paie par un décalage entre le niveau de maturité du produit, la structure financière de l’entreprise et les dépenses réellement engagées.

i-Lab ou i-Nov: quel concours Bpifrance pour sa medtech?
Pour une medtech, le premier filtre est donc technique: TRL 4 pour i-Lab, TRL 5 à 7 pour i-Nov.
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Voir les offres disponiblesLien partenaire — comparateur DiscoverCarsLa différence entre i-Lab et i-Nov ne tient pas seulement au montant mobilisable. i-Lab finance la création d’une entreprise deeptech à partir d’une preuve de concept validée en laboratoire. i-Nov finance un projet industriel porté par une PME déjà constituée, avec un budget compris entre 1 et 5 millions d’euros, une durée de 12 à 36 mois et une exigence de fonds propres équivalente au montant de l’aide demandée.
i-Lab finance la transformation d’une technologie en entreprise. i-Nov finance la transformation d’une PME en produit industrialisable.
Le financement Bpifrance i-Lab ou i-Nov medtech doit donc être raisonné comme un problème d’alignement. Technologie, statut juridique, besoin de trésorerie, niveau de preuve clinique, industrialisation et capacité d’autofinancement doivent raconter la même histoire. Si l’un de ces éléments est en avance ou en retard sur les autres, le dossier devient mécaniquement fragile.
Le premier filtre: TRL 4 contre TRL 5 à 7
Le niveau de maturité technologique, ou TRL, n’est pas une décoration administrative. Il décrit l’état réel de la technologie: preuve de concept, validation en environnement représentatif, démonstrateur, puis système qualifié pour une utilisation opérationnelle.
Pour i-Lab, le point d’entrée se situe autour du TRL 4. La preuve de concept doit être validée en laboratoire. Cela signifie que le principe physique ou biologique fonctionne dans des conditions contrôlées, avec des résultats reproductibles. Pour un dispositif laser, il peut s’agir d’une caractérisation de la puissance optique, de la stabilité spectrale, de la résolution spatiale ou de l’efficacité de conversion. Pour un dispositif médical numérique, il faudra plutôt documenter la performance de l’algorithme, la qualité des données d’entrée et la stabilité de la chaîne de traitement.
i-Lab n’est pas destiné à financer une commercialisation déjà engagée. Le dispositif intervient avant la phase de déploiement industriel et commercial. La dépense doit servir à finaliser la recherche et le développement, à consolider la propriété intellectuelle, à construire une première architecture produit et à préparer la création de l’entreprise.
i-Nov se situe plus loin dans la chaîne. Le projet doit entrer entre les TRL 5 et 7 et viser un niveau de TRL 8 à 9 en fin de réalisation. La technologie a déjà franchi la validation de laboratoire. Elle doit maintenant être confrontée à un environnement représentatif, à des contraintes d’intégration, à des exigences de production et à des preuves de performance proches de l’usage final.
Dans une medtech, ce changement de niveau est substantiel. Un prototype optique qui délivre 2 W avec une stabilité de 98 % sur banc ne constitue pas encore un dispositif médical industrialisable. Il faut ajouter la maîtrise thermique, la répétabilité inter-unités, la sécurité électrique, le logiciel embarqué, la traçabilité des composants, la stratégie de validation et la documentation réglementaire. Le passage du TRL 4 au TRL 8 ne consiste pas à produire une version plus propre du prototype. Il faut démontrer que le système résiste aux contraintes du monde réel.
i-Lab et i-Nov face aux mêmes critères
| Paramètre | i-Lab | i-Nov |
|---|---|---|
| Stade du projet | Création d’entreprise et maturation de la technologie | Développement avancé et passage vers l’industrialisation |
| TRL d’entrée | Autour de 4 | De 5 à 7 |
| TRL visé | Consolidation de la preuve et démonstrateur | De 8 à 9 en fin de projet |
| Porteur | Personne physique ou jeune entreprise innovante de moins de 2 ans | PME ou startup unique déjà constituée |
| Type de projet | R&D précédant la création ou le lancement | Projet de développement porté par une entreprise |
| Budget éligible | Variable selon le programme de R&D | De 1 à 5 millions d’euros |
| Durée | Adaptée à la finalisation de la R&D | De 12 à 36 mois |
| Forme de l’aide | Subvention | 60 % de subvention et 40 % d’avances récupérables |
| Taux maximal | Jusqu’à 60 % des dépenses éligibles | 45 % pour une petite entreprise, 35 % pour une entreprise moyenne |
| Fonds propres à l’entrée | Pas de minimum requis au dépôt | Règle du « 1 pour 1 » entre aide demandée et fonds propres ou quasi-fonds propres |
Cette grille ne remplace pas l’analyse du dossier. Elle permet de supprimer rapidement les candidatures mal positionnées. Une société créée depuis quatre ans, disposant d’un démonstrateur validé et cherchant 2,5 millions d’euros pour industrialiser son dispositif, ne correspond pas à la logique i-Lab. À l’inverse, une équipe issue d’un laboratoire qui n’a pas encore créé sa société et dispose seulement d’une preuve de concept ne devrait pas présenter i-Nov comme une solution d’amorçage.
i-Lab: le levier de création pour une deeptech médicale
Le concours i-Lab s’adresse d’abord à une technologie, pas à une entreprise déjà structurée. Le candidat peut être une personne physique portant un projet de création ou une jeune entreprise innovante de moins de deux ans au moment du dépôt.
Cette condition modifie complètement la manière de rédiger le dossier. L’enjeu n’est pas seulement de démontrer qu’un marché existe. Il faut établir que la technologie possède une barrière à l’entrée suffisamment forte pour justifier la création d’une entreprise dédiée. Une simple amélioration ergonomique d’un matériel existant aura peu de chances de produire cette démonstration. Une architecture photonique brevetable, une méthode de détection avec un rendement quantique supérieur, un procédé d’imagerie réduisant la dose ou un algorithme entraîné sur une base propriétaire présentent une logique différente.
Le dossier i-Lab doit articuler quatre niveaux de preuve:
1. La preuve scientifique. Les performances annoncées doivent être mesurées dans des conditions définies. Une sensibilité, une résolution ou une réduction de dose sans protocole de mesure ne constitue pas une preuve exploitable.
2. La propriété intellectuelle. Le projet doit préciser ce qui est brevetable, ce qui relève du secret industriel et ce qui dépend de licences issues d’un laboratoire ou d’un établissement public. Une technologie transférée sans clarification des droits d’exploitation crée un risque direct pour la future société.
3. La trajectoire produit. Le démonstrateur de laboratoire doit être relié à une architecture cible. Le nombre de sous-ensembles, les composants critiques, les tolérances mécaniques et optiques, la dissipation thermique et les contraintes de nettoyage ne peuvent pas être laissés dans une zone vague.
4. La création d’entreprise. i-Lab ne finance pas une idée abstraite. Il finance la transformation d’un résultat de R&D en activité économique. Le calendrier doit donc montrer quand l’entreprise sera créée, quelles compétences seront recrutées et quelles étapes permettront de passer du banc d’essai au premier produit.
L’aide i-Lab prend exclusivement la forme d’une subvention. Elle peut atteindre 60 % des dépenses éligibles, dans la limite de 600 000 € par projet. Cette structure est particulièrement adaptée aux dépenses dont le retour financier est différé: développement d’un prototype, caractérisation, essais techniques, études de faisabilité, maturation technologique et préparation réglementaire initiale.
L’absence de condition minimale de fonds propres au moment du dépôt constitue un avantage déterminant pour une équipe issue de la recherche. Elle ne signifie pas que le projet peut fonctionner sans apport financier. Les dépenses non éligibles, les délais de versement, les recrutements et les coûts de propriété intellectuelle produisent toujours un besoin de trésorerie. Mais le ticket d’entrée financier est moins contraignant que pour i-Nov.
Ce qu’i-Lab ne doit pas promettre
Un dossier i-Lab perd en crédibilité lorsqu’il présente une stratégie commerciale complète comme si le produit était déjà prêt à être vendu. Le dispositif peut accompagner la finalisation de la R&D et la structuration de l’entreprise. Il ne doit pas être utilisé comme une enveloppe destinée à financer des essais cliniques à grande échelle, une campagne de production en série ou une force commerciale nationale.
Pour une medtech, la frontière se situe entre la préparation réglementaire et l’exécution clinique lourde. Définir la classification probable du dispositif, cartographier les exigences applicables, préparer le système qualité ou documenter les risques relève d’une phase de maturation cohérente. Financer une étude clinique multicentrique de grande ampleur relève d’une autre séquence financière.
Le même raisonnement vaut pour l’industrialisation. Concevoir un prototype compatible avec un procédé d’assemblage est une dépense de R&D. Acheter une capacité de production destinée à alimenter le marché ne relève plus de la même logique.
i-Nov: financer le saut industriel, pas l’amorçage scientifique
i-Nov s’adresse à des projets plus avancés. Le porteur est une PME ou une startup unique. Les projets collaboratifs impliquant plusieurs entreprises ne correspondent pas au périmètre de ce concours. Cette contrainte doit être intégrée dès la construction du consortium industriel: un laboratoire public, un sous-traitant ou un partenaire clinique peut intervenir selon les règles du projet, mais le dossier n’est pas conçu comme un financement multi-entreprises.
Le budget éligible doit se situer entre 1 et 5 millions d’euros. La durée est comprise entre 12 et 36 mois. Ces deux paramètres imposent une densité de travail élevée. Une entreprise qui demande 1 million d’euros pour une feuille de route imprécise sur trois ans ne présente pas un projet i-Nov; elle présente un manque de définition.
Le projet doit comporter des lots techniquement identifiables. Dans le cas d’un dispositif laser médical, on attendra par exemple:
- la stabilisation de la source et du contrôle de puissance;
- la qualification de la dissipation thermique sur la durée d’utilisation;
- la validation de la sécurité optique et électrique;
- la réduction de la variabilité entre prototypes;
- l’intégration mécanique et logicielle;
- la préparation des essais de vérification et de validation;
- la définition du procédé d’assemblage et des contrôles en production.
Chaque lot doit être relié à un indicateur. Une température de boîtier inférieure à un seuil défini, une dérive de puissance limitée après un cycle d’utilisation, une tolérance géométrique de quelques dixièmes de millimètre ou un taux d’échec inférieur à une valeur cible sont plus convaincants qu’une formule comme « améliorer la robustesse du système ».
La thématique Santé d’i-Nov couvre notamment les dispositifs médicaux, y compris numériques, les thérapies connectées, la santé numérique et les solutions de télésanté. La qualification thématique ne suffit toutefois pas. Le projet doit présenter une rupture technologique ou une capacité de différenciation démontrable, ainsi qu’un chemin crédible vers le marché.
Dans i-Nov, le financement ne récompense pas le prototype le plus élégant. Il finance celui dont les risques techniques restants sont quantifiés, bornés et rattachés à des livrables.
La structure financière: subvention pure contre mix d’aides
La différence financière est aussi importante que la différence de TRL.
i-Lab propose une subvention pouvant couvrir jusqu’à 60 % des dépenses éligibles, avec un plafond de 600 000 €. Il s’agit d’un financement non dilutif et non récupérable, sous réserve du respect des règles du dispositif et de l’exécution du projet. Pour une jeune équipe, cette configuration réduit la pression sur la première levée de fonds.
i-Nov repose sur un mix composé de 60 % de subventions et de 40 % d’avances récupérables. Le taux d’aide maximal est de 45 % pour les petites entreprises et de 35 % pour les entreprises moyennes. Le reste du projet doit donc être financé par l’entreprise et ses investisseurs.
Le calcul doit être fait avant le dépôt, sans intégrer artificiellement des ressources incertaines. La règle du « 1 pour 1 » signifie que l’aide demandée ne peut pas dépasser le montant des fonds propres et quasi-fonds propres de l’entreprise. Une demande de 1,2 million d’euros suppose donc 1,2 million d’euros de fonds propres ou quasi-fonds propres disponibles selon les modalités applicables.
Prenons un cas simple. Une startup medtech classée petite entreprise présente un projet de 2 millions d’euros. Le taux maximal théorique de 45 % correspond à une aide de 900 000 €. La règle du 1 pour 1 implique au moins 900 000 € de fonds propres ou quasi-fonds propres mobilisables. L’aide ne finance donc pas 90 % du projet. Elle ne supprime pas la nécessité d’une levée de fonds; elle la rend souvent préalable ou concomitante.
Autre point technique: l’aide i-Nov n’est pas une subvention intégrale. Les avances récupérables créent une obligation financière future. Le modèle économique doit absorber cette charge, même si le calendrier et les conditions de récupération dépendent du cadre contractuel du financement. Une entreprise qui ne dispose que de dix-huit mois de trésorerie et dont le chiffre d’affaires est encore nul ne peut pas traiter cette composante comme un simple apport gratuit.
Exemple de positionnement financier
| Situation de l’entreprise | Besoin principal | Dispositif le plus cohérent | Motif |
|---|---|---|---|
| Équipe de chercheurs, technologie au TRL 4, société non créée | Finaliser la preuve de concept et créer la société | i-Lab | Subvention jusqu’à 60 %, absence de minimum de fonds propres au dépôt |
| Startup de moins de 2 ans, prototype de laboratoire validé | Maturer la technologie et préparer le transfert | i-Lab | Le projet reste dans une logique de création et de R&D |
| PME constituée, démonstrateur au TRL 6, besoin de 1,5 à 4 millions d’euros | Industrialiser, valider et préparer le marché | i-Nov | Projet mono-partenaire, budget et maturité adaptés |
| Entreprise moyenne avec un projet avancé | Qualification industrielle et réglementaire | i-Nov, avec taux maximal réduit | Aide plafonnée à 35 % des dépenses éligibles |
| Consortium de plusieurs entreprises | Développement collaboratif | Autre guichet de financement | i-Nov est réservé à un porteur PME ou startup unique |
Ce tableau donne une orientation. Il ne transforme pas automatiquement un projet en dossier éligible. Le point critique reste la cohérence entre dépenses, TRL et ressources.
Le transfert de technologie change la stratégie
Dans les medtech issues d’un laboratoire public, la question du transfert de technologie arrive avant celle du financement. Une équipe peut disposer d’un brevet, d’un logiciel, d’un savoir-faire expérimental et de résultats convaincants, sans avoir encore sécurisé les droits d’exploitation.
Le dossier doit distinguer plusieurs actifs:
- le brevet détenu par l’établissement ou les inventeurs;
- les améliorations développées pendant le projet;
- les logiciels et bibliothèques utilisés;
- les données cliniques ou expérimentales;
- les équipements et méthodes de fabrication;
- les licences nécessaires pour les composants propriétaires.
Une négociation de licence incomplète fragilise le calendrier. Si l’entreprise ne peut pas exploiter les résultats au moment où elle commence à investir dans la validation, la subvention finance une technologie dont la liberté d’exploitation reste incertaine. Ce risque est particulièrement sensible en photonique: une architecture peut dépendre d’un brevet sur la source, d’un composant sous licence ou d’un procédé d’alignement propriétaire.
i-Lab est souvent pertinent lorsque la société doit encore convertir un actif académique en proposition industrielle. Le budget peut couvrir la maturation technique, la définition du produit et la structuration de l’équipe. i-Nov devient plus logique lorsque la propriété intellectuelle est sécurisée, que le démonstrateur existe et que les risques portent désormais sur la qualification, l’intégration et la montée en capacité.
La séparation entre les deux dispositifs n’est donc pas seulement chronologique. Elle correspond à deux natures de risque:
- i-Lab: risque de faisabilité technologique et de création d’entreprise;
- i-Nov: risque d’industrialisation, de validation et de passage au marché.
Une entreprise qui présente un risque de propriété intellectuelle non résolu comme un simple risque commercial dégrade son dossier. Le jury technique cherchera la cause réelle du blocage.
Construire le dossier à partir des risques mesurables
Le dossier ne doit pas suivre la structure d’un catalogue de technologies. Il doit suivre la structure du risque.
Pour chaque fonction critique, il faut identifier la mesure actuelle, la cible et le moyen de validation. Dans un dispositif d’imagerie, cela peut concerner la résolution, le rapport signal sur bruit, la cadence d’acquisition, la dérive thermique ou la compatibilité avec les tissus et consommables visés. Dans une solution de télésanté, l’analyse portera davantage sur la sensibilité de l’algorithme, le taux de faux positifs, la latence, la disponibilité du service et la robustesse face aux données incomplètes.
Une matrice de travail simple permet de séparer les difficultés:
1. Risque scientifique: le principe fonctionne-t-il encore lorsque les conditions expérimentales varient?
2. Risque d’intégration: les sous-systèmes atteignent-ils leurs performances lorsqu’ils sont assemblés dans le volume et la masse imposés?
3. Risque de fabrication: le procédé permet-il de reproduire la performance sur plusieurs unités avec une tolérance acceptable?
4. Risque réglementaire: les essais prévus produisent-ils les éléments nécessaires à la démonstration de conformité?
5. Risque clinique ou d’usage: la performance technique correspond-elle à un bénéfice mesurable dans le flux de travail ciblé?
6. Risque financier: la trésorerie couvre-t-elle les dépenses avant remboursement ou versement des aides?
Cette lecture évite une erreur courante: présenter le chiffre d’affaires prévisionnel comme la principale preuve de maturité. Une prévision commerciale à cinq ans ne compense pas une puissance optique instable, une chaîne logicielle non documentée ou une architecture de production non définie.
Pour i-Lab, la priorité est de prouver que les verrous techniques justifient la création de l’entreprise. Pour i-Nov, la priorité est de prouver que les verrous restants peuvent être levés dans un programme de 12 à 36 mois, avec un budget de 1 à 5 millions d’euros et des ressources humaines identifiées.
Le calendrier des vagues: ne pas confondre urgence et préparation
Les concours sont organisés par vagues. Les dates de dépôt évoluent selon les éditions et doivent être vérifiées dans l’appel concerné. La vague 14 d’i-Nov avait notamment fixé une échéance au 1er octobre 2024, tandis qu’une autre échéance communiquée pour la 27e vague était fixée au 11 mars 2025. Ces dates illustrent un point opérationnel: un dossier solide ne se construit pas pendant les dernières semaines de dépôt.
La préparation doit commencer par la qualification du projet, puis par la collecte des éléments techniques et financiers. Dans une startup medtech, les données dispersées entre le laboratoire, le directeur technique, le conseil en propriété industrielle et le directeur financier doivent être consolidées avant la rédaction.
Un calendrier réaliste comprend généralement:
- la confirmation du TRL à partir de résultats expérimentaux traçables;
- la revue de la propriété intellectuelle et des accords de transfert;
- la définition des dépenses éligibles et des lots de travail;
- la construction du plan de trésorerie;
- la vérification des fonds propres disponibles pour i-Nov;
- la validation du plan réglementaire;
- la revue contradictoire du dossier par un expert technique qui n’a pas participé au développement.
Le dernier point est souvent sous-estimé. Le concepteur connaît tellement bien le système qu’il omet les hypothèses implicites. Un évaluateur externe ne connaît ni la logique historique du prototype ni les compromis acceptés au laboratoire. Il ne voit que les performances démontrées, les risques décrits et les ressources affectées.
Verdict: i-Lab pour créer, i-Nov pour industrialiser
Le choix est binaire.
Choisissez i-Lab si votre projet est encore une technologie à transformer en entreprise, si le niveau de maturité se situe autour du TRL 4, si la société n’est pas créée ou a moins de deux ans, et si le besoin principal concerne la finalisation de la R&D. La subvention peut atteindre 60 % des dépenses éligibles, dans la limite de 600 000 €, sans condition minimale de fonds propres au dépôt.
Choisissez i-Nov si votre PME existe déjà, si le démonstrateur est validé à un TRL 5, 6 ou 7, et si le projet porte sur l’intégration, la qualification, l’industrialisation ou la préparation réglementaire avancée. Le budget doit se situer entre 1 et 5 millions d’euros, sur 12 à 36 mois. Le financement combine 60 % de subventions et 40 % d’avances récupérables, avec un taux maximal de 45 % pour les petites entreprises et de 35 % pour les moyennes. La règle du 1 pour 1 sur les fonds propres est non négociable dans le montage financier.
Le verdict final ne dépend donc pas du concours qui affiche le montant le plus élevé. Il dépend du risque que l’entreprise doit financer maintenant. TRL 4 et création: i-Lab. TRL 5 à 7 et industrialisation: i-Nov. Si votre dossier ne permet pas de trancher en une phrase, le projet n’est probablement pas encore assez structuré pour être déposé.